jeudi, mars 30, 2006

Parapluies! - 盧憲孚

Des installations rigolotes: parapluies assemblés en sphères, et en auvent suspendu, se balançant au gré du vent, dans le petit jardin de la Taipei Story House (près du Fine Arts Museum). Ou comment voir différemment les parapluies à 60nt du 7-Eleven !



L'artiste LU Hsian-Fu 盧憲孚a l'habitude de détourner de leur contexte les objets les plus quotidiens, pour élaborer des structures architecturales exposées en espaces publics, questionnant les rapports entre forme et signification. En entrant dans le jardin, on voit des sphères colorées avant de réaliser qu'il s'agit de parapluies.


De même, quand il utilise des chaises qu'il assemble pour former comme un tunnel, une allée bordée de haies concaves, l'usage habituel de l'objet disparaît, tandis que surgit une nouvelle structure hybride, d'une forme architecturale, plus ou moins reconnaissable, mais composée de matériaux incongrus.



Et sous l'auvent suspendu, l'espace pour se réfugier, réflexe qu'ont les visiteurs qui s'y font prendre en photo quasi systématiquement! clin d'oeil à la fonction première du parapluie, dont fait écho le caractère-même: 傘 on distingue nettement les 4 personnes (人) à l'abri...c'est vrai que c'est tout un symbole, le parapluie! Depuis la légende du serpent blanc (l'amoureux offrant un parapluie à la belle...), légende traditionnelle chinoise, ...jusqu'au ptit coin de paradis...

jeudi, mars 16, 2006

La memoire en satellites: les "Combine Paintings" de Rauschenberg


Factum II, 1957


Le Metropolitan Museum accueille actuellement une expositon consacrée aux « Combine paintings » de Rauschenberg.

Il y aurait de multiples façons de parler des « Combine Paintings ». Assemblages, collages, peintures, matériaux divers. Tissus, coupures de journaux, photos, morceaux de vêtements, morceaux de bois, métaux, oiseaux empaillés. Reliefs, superpositions, décalages, creux et revers de portes.

L’on pourrait envisager une approche purement formaliste de l’evolution des peintures mixtes, peintures combinées. « Combine paintings » Mais dès les premières œuvres de l’exposition l’on ne peut s’empêcher de scruter les moindres détails, d’aller et venir entre gros plan et grand angle. Chaque élément combiné a sa charge symbolique qui semble prendre le dessus sur la matière, les matériaux. Le genre d’exposition qui vous fait rentrer dans l’intimité de l’artiste sans ne rien en dire.

Les cartels et les indications réfèrent principalement aux faits : contexte et matériaux. Il suffit ensuite de s’approcher de chaque œuvre et elles vous parleront, lentement, doucement, par quelques mots, reliefs, images et dessins. Chaque visiteur s’en ira visiter la mémoire des œuvres et de son auteur au hasard de son regard.

Mes yeux se posent sur une photo en noir et blanc. Un coureur dans un stade. Il est entouré d’un cercle au pastel bleu. La photo est collée sur la toile peinte. Quelques coulures autour. Une ligne médiane attire ensuite mon regard. De multiples bandelettes de toutes les couleurs sont juxtaposées. Puis une photo de famille, des chevaux. Une carte des Etats Unis. Des carrés de tissus collés sur la toile et repeints délimitent des espaces sur l’œuvre. Des espaces de mémoire que les coulures de peinture relient au hasard de la pesanteur.

Les images sont en noir et blanc mais l’ensemble est coloré.

Un peu comme des images de rêve ou de mémoire finalement. Arrive-t-on toujours à redonner ses couleurs à la réalité ? Les bandelettes colorées semblent nous inciter à donner du vif aux images, à choisir, reconstruire une image réelle par des notes de rouge, d’ocre, de bleu ou de vert. Impressions colorées.

Et puis un peu plus en bas, un peu plus dans l’angle, un diagramme. Comme des satellites. La mémoire visuelle, la mémoire olfactive, la mémoire auditive, la mémoire tactile. Voir, parler, écrire, dessiner, sentir, toucher.

La mémoire en satellites.

L’on retrouve ici en grande partie de ce qui définit les « Combine Paintings » de Rauschenberg. L’objet, le mot, l’image. Il manque le bruit et l’odeur ? Pas vraiment.

Rauschenberg utilisa aussi assez fréquemment des animaux empaillés dans ses Combine. Non pas que les animaux dégagent encore une odeur, non, mais simplement l’idée de l’odeur. Un aigle, un bouc, une poule. La référence est brute et l’odeur bien présente à l’esprit.

Le son ? C’est à partir de 1961 que Rauschenberg commence sa série des « Time Paintings ». La First Time Painting fut réalisée lors d’une performance, hommage à David Tudor, à l’Ambassade des Etats Unis à Paris. Rauschenberg installa la toile dos au public afin que celui ci ne puisse en voir l’élaboration. Cependant, un micro était attaché à la toile. L’audience pouvait écouter la peinture en train de se faire. Le son de la peinture. Nous sommes proches du travail de John Cage, ami et compagnon d’expérimentation de Rauschenberg au Black Mountain College. Les sons au hasard, les sons du hasard et du commun. Petite musique de peinture. A chacun de voir ses propres images associées aux sons. Peinture, sons et mémoire.

L’on sort de l’exposition en se demandant si c’est la mémoire du peintre que nous avons scrutée, observée, analysée ou notre propre mémoire. Les images de l’artiste, les couleurs, les matières et les signes sont comme les sons de John Cage. Quelques notes en nébuleuse qui chatouillent nos neurones et remuent nos propres souvenirs.
La mémoire en satellites.

jeudi, mars 09, 2006

Taipei Awards: fin.


Taipei Arts Awards c'est fini....
une petite photo de Picsound le dernier jour.
pour donner une idée du résultat, bien loin de la blancheur immaculée de la partition originelle...

A retenir aussi de cette expo, l'installation de HUANG Hsin-Chien..
Aussi présentée au musée de l'Université de Guandu, en banlieue de Taipei, et temporairement à Taichung, a l'expo consacrée à l'art numérique "Beyond Vision" (bientôt à Kaohsiung)

Un chaise, l'ombre au mur du spectateur qui s'assoit. L'ombre reproduite sur le petit écran de la télé; et en direct et en mouvement sur le grand écran face à la chaise: votre corps recomposé en un bâtiment à la forme étrange, morcellé, grisâtre et grinçant.

lundi, mars 06, 2006

Constructivismo 2006


Vernissage de l'exposition Constructivismo 2006. Clemente Solo Velez Cultural Center.

"A scaffolding of performances, music, academic panel, art exhibit, hommage, survey, dance, social analysis, agency, urban dreaming, jaywalking, utopia and dystopia"

Le Clemente Solo Vetez Cultural Center, dans le Lower East Side, accueille une exposition mise en place par Spanic Attack, organisation promouvant l'avant garde latino américaine à New York. Basée dans le South Bronx, Spanic Attack organise des événements, expositions, performances, à travers le monde latino américain, toujours avec New York comme point de repère, lieu de transit et de création.

Mais pour que New York reste cette capitale culturelle que l'on connait, et garde son énergie créatrice, la situation a besoin d'évoluer. Le phénomène de gentrification qui repousse les artistes de plus en plus en marge de la ville (un quartier d'artistes devenant "chic and trendy" voit les loyers augmenter au delà du raisonnable) remodèle la ville et sclérose des quartiers auparavant plus accessibles, dynamiques et alternatifs (le Lower East Side et plus récemment Williamsburg à Brooklyn en sont des exemples majeurs).

L'expostion Cronstructivismo 2006 présente ainsi des artistes majoritairement latino américain vivant à Manhattan, Brooklyn et surtout dans le South Bronx, dont le travail traite de l'intégration de l'art dans la vie urbaine quotidienne. Un éclectisme vivifiant. Performances, poésies, peinture, sculpture et énergie. Un forum d'échange et de créativité qui sort l'art de ses gonds trop rigides. Que l'on aime ou non les oeuvres l'on apprécie cette sorte d'"utopie de proximité" pour reprendre les mots de Guattari. La discussion s'engage avec les artistes. Les enfants s'interrogent et les adultes s'amusent. Une bouffée d'air dans un quartier qui en manque de plus en plus.

http://www.spanicattack.com
http://www.csvcc.com

Academy Awards on abc




Prenez une poignée de tuxedos, une autre de décoletés et autres brillants et diamants, rajoutez quelques sculptures au goût douteux (proche de celles de Rockefeller Center... le surhomme veillant sur Hollywood)... un peu de politiquement correct (quelques acteurs noirs remettant un award à quelques musiciens hip hop... same color). Secouez (mais pas trop, cela risquerait d'endommager leurs boucles blondes)... et vous obtiendrez the Academy Awards ! Les 78èmes du nom.

Crash. Meilleur film...?

Regardez les Academy Awards nécessite quelque préparation. Chips, boissons, queso, salsa, dips and that kind of stuff...


















Jon Stewart est l'hôte de la soirée. Pas mal de second degré finalement. Quelques montages. Un des plus drôles fut sans doute celui montrant comment les westerns étaient un genre cinématographique definitely gay. Brokeback Mountain revisité. Humm. Pourquoi pas.




Finalement pas mal de fous rires qui cachent tout de même l'affreuse hypocrisie de ce genre de soirée. Crash meilleur film. Humm.