dimanche, octobre 30, 2005

Histoire et Géographie en parcourant Chelsea

Samedi après midi à Chelsea: galeries !!

Chelsea, situé au far west de Manhattan est le quartier des parkings, des garages, des galeries, des immenses immeubles de brique rouge et des bars gay. De nombreuses galeries autrefois situées à Soho se sont déplacées un peu plus à l'ouest dans d'immenses entrepôts, délaissant les espaces de Soho pour les boutiques de luxe (Chanel vient de s'installer sur Wooster street...)



25th, 24th, 23rd et 22nd streets, côtés pair et impair: voilà le programme. Il n'est même pas nécessaire de se munir d’un plan ou d’une liste quelconque des galeries, il suffit d'arpenter ces quelques rues pour être suffisamment rassasié en galeries pour la journée... voire pour la semaine.

De bonnes bottes bien chaudes, une grosse écharpe et un bon café bouillant : me voilà parée pour un parcours photographique, historique et géographique (si l'on peut qualifier un parcours de "géographique"...)

Ce mois ci, quelques unes des galeries de Chelsea exposent de la photo, des photos et des photographes bien différents, ce qui est plutôt plaisant. Cette excursion dans Chelsea m'emporte alors un peu plus loin que je n'aurais pensé.

En passant par l’Iran…
























La galerie Barbara Gladstone nous propose un premier voyage en Iran grâce aux histoires de Shirin Neshat. Artiste iranienne exilée à New York, Shirin Neshat filme et photographie "Zarin", personnage imaginé, jeune prostituée qui tente d'échapper à la folie qui l'emporte peu à peu. Les vapeurs du hammam et la vue des autres femmes ne font qu’accentuer son délire, la fuite de sa réalité. Le film, comme les photos sont d’un calme dérangeant. Le grain est net mais pas précis. Un léger flou cerne le visage de ces femmes. Une image à la fois paisible et angoissante de l’Iran et de ses femmes dévoilées.

Encore un peu plus à l’Est … la Chine d’Edward Burtynsky.

La galerie Charles Cowles expose le dernier projet du photographe américain. Paysages de la Chine industrielle. Bien loin des vapeurs du hammam, nous voilà plongés dans l’infiniment petit devenu grand.
Pourtant, si au premier abord les photos de Burtynsky semblent traiter de ce rapport de l’immensité au détail, elles trouvent avant tout leur subtilité dans le traitement de la matière et donc de la lumière.







Le métal rouillé prend des aspects d’argile fraîchement tournée et le bambou se fait métallique. Les hommes travaillant dans une usine agroalimentaire semblent être de plastiques et les paquebots de bois. Burtynsky capte une lumière et des instants qui transforment les hommes et les matières. La réalité n’est pas à regarder de loin, elle se voit ici à la loupe.

La photo à la loupe ?

Troisième galerie de photo et dernier contraste.
Si les immenses photos de Burtynsky méritent un regard distant tout comme un coup d’œil à travers la loupe, les photos miniatures d’Andre Kertesz ne peuvent se passer de ce dernier accessoire.

La galerie Silverstein, propose ainsi une exposition « à la loupe » des premières années du photographe américain Andre Kertesz (1894 – 1985). Quelques loupes étiquettées au nom de la galerie « Silverstein » sont disponibles à l’entrée et l’on peut ainsi commencer à littéralement rentrer dans l’exposition.







De minuscules images, tendres, angoissantes, violentes. Ses amours, la guerre de tranchées et les sports de campagne à la loupe. Non seulement la loupe permet d’apprécier les détails, les anecdotes et les nuances de lumière, mais elle nous emporte bel et bien dans la photo. Pour regarder à travers le verre, je ferme un œil et ne vois plus l’espace alentour. Je rentre dans la photo, dans une photo de 5cm sur 4.

Il faut ici souligner le beau travail du galeriste qui a su mettre en valeur avec une grande simplicité le charme paradoxal des photos de Kertesz. Finalement, une simple loupe sépare Burtynsky de Kertesz.

Photos
Copyright Shirin Neshat / Barbara Glasdtone
Copyright Edward Burtynsky / Charles Cowles
Copyright Estate Andre Kertesz

vendredi, octobre 14, 2005

Taishi, à coups de pieds.

INFORMATION, ALERTE, RAPPEL...appelez ça comme vous voulez, mais allez donc jeter un oeil aux liens suivants, visite-éclair en village chinois, de la riche province de Canton...
ou comment Pekin lutte contre la corruption et travaille a démocratiser le pays (je ne vois rien, je n'entends rien, je ne fais rien.)
... et comment l'affaire est relatée dans quelques journaux hongkongais, taiwanais, mais pas chinois...
l'affaire, en deux mots car mieux vaut boire aux sources directement: un village sous les coups d'une milice défendant les intérêts du chef corrompu que dénoncent les villageois. des journalistes agressés (dont un francais, c'est bien pour cela qu'on en parle!), des activistes chinois battus, ...au point que pendant quelques jours l'accompagnateur d'un journaliste du Guardian est passé pour mort. En fait il va "bien", je vous rassure tout de suite,... mais tout cela reste saisissant.

http://www.taipeitimes.com/News/archives/2005/10/11/2003275349
et là il y a plein de liens vers la presse :
http://journalism.berkeley.edu/cgi-bin/mt/mt-search.cgi?search=taishi&IncludeBlogs=10&Template=chinadn-en&x=0&y=0

lire aussi, et peut-être d'abord, les posts (articles et commentaires de milices et taishi) du blog de P.Haski, journaliste de Libération, sur lequel le journaliste français molesté a Taishi intervient. En fait, les liens ci-dessus viennent de ce blog, mais c'est ma sélection personnelle, pour vous faire gagner votre temps precieux! ;-)

mercredi, octobre 12, 2005

Super Party

Vendredi dernier,.... oui ça fait dejà un certain temps...c'était la super réception pour les boursiers du gouvernement, nouvelle fournée 2005-2006.

On a eu droit à un avant goût du Nouvel An, avec danse de dragons, à un rapide regard sur la culture traditionnelle taiwainaise avec une danse aborigène, à une démonstration spectaculaire de kongfu... et surtout à une suite interminable de "Merci Monsieur le responsable de ceci-celà et Merci Madame l'Ambassadeuse (heu... enfin en anglais le problème ne s'est pas posé.) de Trifouilli-les-oies..."
Plutôt que Trifouilli-les-oies d'ailleurs, une liste impressionnante de pays furent cités, dont bien évidemment tous les pays ayant des relations diplomatiques officielles avec Taiwan, de pays à pays. Et pas des "bureaux de la représentation" ou des "offices économiques et culturels"... (qui, curieusement, délivrent les visas..)
Beaucoup de pays d'Amérique Centrale et d'Afrique, par exemple le Honduras, Belize, le Burkina Faso, le Costa Rica, le Tchad, le Sénégal, ou encore Haiti, Tuvalu,...qui reçoivent soutien économique et gratitude de Taiwan.

Bien sûr, l'unique langue parlée était l'anglais. Pour nous expliquer l'intérêt de la démarche taiwanaise: construire l'avenir, technologique, économique, économique et économique du pays ; l'intégrer au monde global.
Ce vendredi, deux jours avant Guo Qing Ri, jour de fête nationale anniversaire de la République, solide comme un ROC, cette affirmation du rôle internationnal que doit jouer Taiwan avait une résonance particulière.
Mais bon tout ce qui touche aux relations extérieures à ici une saveur particulière... ou Comment être un pays de fait sans en être un .


Ah oui, c'est le début de la campagne éléctorale ici...
Entre les pro-Dalu (la chine continentale, le grand méchant loup...) et les pro-Taiwan.
Un vrai plat de nouilles, pour moi, la politique taiwanaise !
A suivre...

vendredi, octobre 07, 2005

Yankees



Ils ont perdu.... hier le match contre les Angels .
Les deux écrans de la cafétéria de Shida (Université Normale de Taiwan) diffusaient le match, et bien sûr tout le monde était pour les Yankees, dont un des joueurs est taiwanais: Wang Chien Min -ici en photo,










et un autre japonais: Matzuyi Hideki... Effervescence, applaudissements, tous les yeux rivés aux écrans.... Je suis partie avant la fin du match et n'ai donc pu apprécier l'effet du score final : Angles 8 - Yankees 5.
Bad day.

jeudi, octobre 06, 2005

Jenny Holzer: 3ème et dernier épisode



Ce soir: à la New York Public Library, un texte du poète palestinien Mahmoud Darwish.

















A voir encore durant les deux nuits prochaines et les poèmes retourneront ensuite à l'intérieur du bâtiment ...

Jenny Holzer suite ...

Voici ce qui était projeté sur les murs de la bibliothèque de NYU les jours précédents. Des documents extraits de "The National Security Archive".




The National Security Archive est un institut de recherche indépendant, non gouvernemental, basé à Washington. Il se charge de collecter et publier des documents "declassified" grâce à ce qu'on appelle le "Freedon of Information Act". Une source gigantesque de documents, informations, notes, du gouvernement américain.

Hier soir, la plupart des projections mentionnaient le 11 Septembre, l'Afghanistan et Guantanamo, ou la guerre en Iraq. Jenny Holzer avait préféré rayer les noms de certaines personnalités mais il était tout de même stupéfiant de lire des pages entières de comptes rendus d'interrogatoires de prisonniers à Guantanamo, certains mentionnant l'usage de la "force" pour obtenir des informations ... Et ceci projeté sur un pignon d'un immeuble d'environ dix etages...

Personnellement je ne savais pas quoi en penser. Comment ne pas y voir une preuve de transparence démocratique ? ... oui mais ...

... à creuser pour en savoir un peu plus...

Mais pensez vous qu'il aurait été possible en 1961 - 62 de projeter des documents sur la guerre en Algérie sur la façade de la Sorbonne, avec un soutien public ? Je sais que ce genre de comparaison est plutôt scabreuse mais à vrai dire j'ai du mal à cerner la portée subversive de ce genre d'action, soutenue par la municipalité new yorkaise. Vos lanternes sont les bienvenues !! à vos commentaires!!

Plus d'infos sur The National Security Archive:
http://www.nsarchive.org

... et pardon pour la mauvaise qualité des photos. Sans pied la nuit c'est pas facile !!

lundi, octobre 03, 2005

Jenny Holzer: 1ère partie. Rockefeller Center

Afin de commémorer le 11 Septembre; plusieurs artistes furent invités à créer des oeuvres dans la ville, à travers la ville.

Une des oeuvres vues ce week end est celle de Jenny Holzer qui dès 1977 envahissait les rues de New York, et surtout du Lower East Side et de Soho, de ses "Truisms", stickers et posters avec divers slogans ou poèmes. Après de nombreuses apparitions de ses phrases, mots, aphorismes sur les panneauw lumineux de Times Square dans les années 1980, l'artiste new yorkaise investissait ce week end les murs du Rockefeller Center.



Ces projections lumineuses sont la première partie d'une oeuvre projetée durant un peu plus d'une semaine (11 soirées) dans trois grands lieux très fréquentés de New york: Rockefeller Center, la Bobst Library (Bibliothèque de New York University) et la New York Public Library.

Des mots, des notes, tirés de documents provenant des archives du gouvernement américain, ou de poèmes venant du monde entier. La plupart traitent de sécurité intérieure ou de l'Iraq, de manière plus ou moins directe. Jenny Holzer ne se veut pas polémique même si elle avoue qu'il s'agit là d'un projet qu'elle aurait aimé voir apparaitre en novembre ... lors de l'élection présidentielle.

Les façades du Rockefeller Center et celles de la New York Public Library se verront illuminées principalement par des poèmes alors que celles de la Bobst Library afficheront des notes tirées des dossiers de la bibliothèque "National Security Archive". Jenny Holzer rappelle ainsi comment les universités américaines se sont vues ces derniers temps régulièrement mises à contribution dans le recrutement de soldats pour la guerre en Iraq. L'hiver dernier quelques GI étaient à NYU, une université pourtant très clairement anti-guerre, afin de chercher de nouvelles recrues.

Jenny Holzer vise ainsi le même public, majoritairement étudiant, avec des moyens similaires. Ses immenses projections lumineuses actuelles tout comme ses premiers posters des années 70 sont autant de tracts à échelles variées, disséminés dans la ville, faits pour attirer le regard, percuter, voire choquer.

Aujourd'hui lundi, la Bobst Library recevait ses premières projections... à suivre donc !!!

Polska !!

Ce week end fut chargé en évenements (non pas que ce soit exceptionnel à New York mais là j'ai des photos !!).

Après avoir vu Patti Smith lire ses poèmes nous nous dirigeons vers la cinquième avenue, du côté de la New York Public Library... et là oh que de bruits et de couleurs !!








Le temps d'un après midi la Pologne et les Polonais envahissent la célèbre avenue new yorkaise. Tous les Polonais de la ville, des 5 boroughs, sont au rendez vous.



Rouge, blanc, noir, or.

Chorales, danseurs folkloriques, Miss Pologne de Staten Island ou de Brooklyn Heights, étudiants polonais du City College of New York, motards, fanfares ...

Autour de nous tout est blanc et rouge. L'on nous distribue des bonbons polonais. Delicieux. Cet esprit de fête transforme New York en une gigantesque fête foraine. La parade est immense mais paradoxalement la ville semble alors plus petite. La mégalopole se transforme en village polonais un jour de fête.

dimanche, octobre 02, 2005

Patti Smith reading in the Park

Voici trois semaines, Bryant Park était podiums, photographes, mannequins, maquilleurs ... et autres accessoires de Fashion Week.



Aujourd'hui, d'autres stars étaient au rendez vous, pour le festival du New York Times intitulé "Great Read in the Park", qui se déroulait à deux pas de la New York Public Library. Une multitude d'écrivains étaient invités à lire des extraits de leurs dernières oeuvres.

"Reading and signing", tel était le programme.





A 12h45, Patti Smith entre sur scène ... pour lire plusieurs de ses poèmes. Un peu timide au départ, elle avoue que ça ne lui sera pas forcément aisé de lire ses poèmes en public ... mais quelle belle opportunité de lire de la poésie dans les rues de notre ville ajoute-t-elle.

... et quelle belle expérience de l'entendre lire ses propres mots, ses propres vers. "Lire" n'est pas vraiment le terme approprié. Elle ne chante pas non plus. Pourtant, la mélodie est là, sous jacente, comme l'écho de ses chansons.



Un superbe moment.

Tous aux abris !!!






Encore un typhon aujourd'hui ! décidemment, ça n'arrête pas !
Mais les gens restent vigilants et préviennent tranquillement une éventuelle brutale montée des eaux...


Pour suivre en direct les parcours des typhons du pacifique, voici un lien amusant:
http://www.cwb.gov.tw/V4e/index.htm

(pour quelques heures encore, en cliquant "loop 12hours", on peut admirer comment sur Taiwan le typhon s'est brisé, comme la vague sur la digue...)


...et les plus observateurs auront remarqué l'entrée triomphante des accents et cédilles dans mon post. "Jour de typhon, reste à la maison", ça a du bon !